6/7 April 13, de Page 37
John Burdett, le sage

On aime beaucoup cet écrivain anglais révélé par Bangkok 8 et ses suites. On aime surtout John Burdett pour avoir donné naissance à Sonchaï Jitpleecheep, flic thaï né de l’union d’une prostituée et d’un Américain. «J’ai compris, une fois installe à Bangkok, que beaucoup d’enfants sont nés de père américain et de mère thaïe», explique cet alerte gaillard de 6l ans rencontre le week-end dernier à Lyon, au festival Quai du polar. « Certains ont des pères blacks, ça donne un drôle de mélange. Le plus intéressant, avec un personage comme Sonchaï, c’est qu’il a deux modes de pensée. L’une occidentale et l’autre orientale. Ce que je suis aussi. D’un côté, je ne peux pas me passer d’Internet, c’est tellement pratique pour faire des recherches pour mes Uvres. J’ai aussi une dimension plus spirituelle. Le bouddhisme est la seule religion qui me convienne parce que tu réalises combien, nous les Occidentaux, sommes rongés par l’impatience. Avec le bouddhisme, tu trouves une balance qui t’équilibre. »

« Le Népal, j’adore »
Sonchaï Jitpleetcheep est donc un inspecteur à la coule. Doté d’un redoutable sens de l’humour et de la dérision, Sonchaï est sans doute le seul flic non corrompu de Bangkok. Sonchaï est tellement cool qu’il en devient franchement énervant. Son sens du détachement tape sur les nerfs de son boss, le très corrompu Vikorn. Mais Sonchaï, qui reste, soi dit en passant, l’un des personnages récurrents les plus attachants de la littérature policière aujourd’hui, est aussi un dur à cuir. Dans le précédent et formidable Le parrain de Katmandou, Sonchaï devait se rendre au Népal et négocier l’achat et la livraison de 40 tonnes d’héroïne. «Le Népal, j’adore et je connais très bien, poursuit Burdett. J’y suis allé une centaine défais, c’est sans doute un des endroits les plus apaisants au monde que je connaisse. Reste que la situation est très tendue avec les moines tibétains et Pékin.»

C’est là où Burdett fait la différence. Il connaît les endroits dont il parle. C’est aussi ce qui explique son succès international. «L’Asie est une grande destination pour les touristes du monde entier. La Thaïlande, en particulier et pas que pour de bonnes raisons d’ailleurs. Je pense que mes lecteurs souhaitent retrouver l’atmosphère si particulière de Bangkok à travers mes romans.»

Dans Le pic du vautour, cinquième aventure de Jitpleetcheep, Sonchaï, une fois de plus pour de troubles motifs politiques, doit se rendre à Dubaï et démanteler un réseau de traffic d’organes. Où notre héros a maille à partir avec des jumelles chinoises belles à tomber. «J’ai beaucoup travaillé avec des Chinoises lorsque je travaillais comme avocat à Hong Kong. Je m’en suis inspire. Elles sont impitoyables en affaires. Plus dures que les hommes. D’un claquement de doigt, elles virent quelqu’un d’une réunion, c’est hallucinant. » Comme le dénouement de ce thriller aussi exotique qu’original.